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/ L'injustice est muette et la justice crie

Violences : le danger est dans l’intimité

Des préjugés en manque de justesse.

De nombreux préjugés concernant les violences faites aux femmes sont ancrés dans les esprits alors même qu’ils sont totalement infondés. Ainsi, il est généralement admis que la rue est le principal décor de ces scènes atroces et l’essentiel lieu d’agressions contre les femmes. Il est donc conseillé aux femmes d’éviter de sortir seule tard le soir. On admet également de manière dogmatique que les viols sont principalement perpétrés par des inconnus, et que si la violence conjugale existe, qu’elle concerne alors seulement les milieux les plus défavorisés. De même, lorsque cela touche une femme qui a un emploi, on pense que si elle reste malgré tout avec son agresseur, c’est qu’elle en tire un quelconque plaisir, qu’elle le provoque, ou qu’elle est un peu perturbée. Lors de dépôts de plainte, un grand nombre de femmes ne sont pas non plus prises au sérieux, certains pensant que beaucoup d’entre elles portent plainte afin de régler des comptes et de se venger d’une situation antérieure. Bien que ces cas existent, ce n’est pourtant pas la réalité dominante.

 

le viol en france

 

Le foyer est le lieu le plus dangereux pour les femmes.

Les faits violents qui surviennent dans l’intimité du couple sont rarement mis en exergue, alors même que des faits similaires se produisant hors du foyer choquent l’opinion publique. Pour Maître Tomasini, l’avocate de Samia Jaber (qui a remporté le procès contre son ex-compagnon), « c’est même une circonstance aggravante. Parce qu’il est plus dur de résister à un agresseur, chez soi, sachant que c’est lui qui est censé vous protéger des attaques extérieures ». Le foyer peut ainsi vite devenir un lieu de domination et de machisme, voire de misogynie. Certains hommes pensent ainsi disposer du monopole de la contrainte sur leur compagne, et lorsque celle-ci déroge aux règles qu’il lui impose, elle encoure des risques. La tolérance sociale qui entoure ce phénomène le met au silence et le banalise. Pourtant, la violence conjugale devrait être mise plus en lumière car elle entraîne la mort d’une femme tous les deux jours et demi. L’Observatoire de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a également montré en 2012, ce phénomène concernait environ 540 000 personnes. C’est donc dans l’intimité du foyer familial que l’on constate le plus grand nombre de violences envers les femmes. La moitié des violences physiques et le tiers des tentatives de meurtre sont perpétrés par le conjoint. Le violeur est un inconnu que dans un viol sur huit.

 

 

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Article posté le 13 novembre 2013 par and tagged , , , , , .