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Sexuation de la violence

Les hommes sont bien souvent montrés du doigts et considérés comme les auteurs exclusifs de violence, et ainsi, les hommes victimes de violences conjugales sont ignorés dans la majorité des cas, quand ils en parlent – les hommes sont quatre fois moins nombreux que les femmes à dénoncer la violence conjugale. Dans les mentalités actuelles, il est impensable qu’un homme soit la victime d’une femme. Ainsi, les hommes, victimes à la fois de leur conjointe et de la société, s’expriment rarement, et lorsqu’il le font, obtiennent rarement réparation.

La sexuation de la violence conjugale est réelle

Aujourd’hui encore, pour les médias, les politiques et beaucoup de contemporains, la violence conjugale signifie la violence contre les femmes. Ainsi, tandis que les femmes victimes de violences conjugales font les gros titres dans tous les médias, les hommes sont les grands oubliés du phénomène. Pourtant, ces hommes devraient également être mis en avant car parmi les 540 000 victimes, on en relève tout de même 136 000  de sexe masculin. Selon les années, la proportion d’hommes battus oscille entre un quart et un tiers de l’ensemble des victimes.

L’intérêt porté sur les hommes battus est récent

Jusqu’en 2007, on ne prenait même pas la peine de décompter ces victimes. Les enquêtes sur la violence conjugale n’interrogeaient que les femmes, et publiaient en toute logique des résultats confortant le public dans l’idée que la violence conjugale est un phénomène sexué. Certaines enquêtes réalisées par des féministes aboutissaient même à des résultats extravagants, évaluant parfois que le phénomène touchait 10% des femmes. Ces enquêtes ont tout de même conduit à l’acceptation de cet ordre dans les mœurs.

Certains chercheurs, comme Michelle Ferrand, et certains politiques, comme Chantal Brunel ou Valérie Létard allaient jusqu’à déclarer  « les hommes battus n’existent pas ».

Depuis 2007, l’ONDRP a commencé d’interroger les hommes, des associations ont vu le jour : SOS Hommes Battus et le Groupe d’études sur les sexismes. Mais ces efforts ne sont pas suffisants et ne comblent pas ces trente années d’unilatéralisme. Sylviane Spitzer, fondatrice d’ SOS Hommes Battus reçoit régulièrement des menaces et des conférences sont parfois perturbées par des groupes qui tentent de les empêcher.

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Article posté le 18 novembre 2013 par and tagged , , , , , .